L’IFER d’Afféry ouvre les portes de son premier Girl’s Club

CÔTE D’IVOIRE (Afféry) – Malgré le rôle primordial que jouent les femmes dans le monde agricole, elles sont souvent victimes de discriminations persistantes en milieu rural. Dans le but de favoriser l’accès des femmes aux métiers agricoles et de rompre avec les stéréotypes liés au genre, l’IECD propose à titre pilote un espace de parole dédié aux jeunes filles : le Girl’s Club.

Il s’agit d’un espace de paroles et d’activités réservé aux jeunes filles de l’IFER d’Afféry pour mieux prendre en compte leurs difficultés et lutter contre les stéréotypes liés au genre : des « causeries » portant sur le rôle des femmes dans l’agriculture, l’importance de l’éducation des filles, la place des femmes dans la société ivoirienne, l’accès au foncier, etc, ont pour objectif de mieux comprendre les enjeux de leur métier en tant que femmes et de les préparer à la réalité. Sur un plan personnel, ces séances de paroles leur permettent de trouver leur place, de s’affirmer et de s’épanouir au cours de leur formation et plus tard dans leur métier.

L’Institut de formation à l’entrepreneuriat rural d’Afféry en Côte d’Ivoire

L'Institut de fomation à l'entrepreneuriat rural d'Afféry

L’Institut de formation à l’entrepreneuriat rural d’Afféry en Côte d’Ivoire

En effet, force est de constater que les femmes rencontrent davantage de difficultés que les hommes à vivre de leur métier, bien qu’elles soient un maillon essentiel de l’activité économique rurale : elles représentent en Côte d’Ivoire plus de 20% de la main d’œuvre agricole et contribuent notamment à l’entretien et au nettoyage des cultures vivrières nécessaires à l’approvisionnement des ménages. Malgré cela, elles ont difficilement accès aux financements et au foncier. Elles ont rarement les moyens d’investir dans des équipements ou d’acheter des intrants.

L’enjeu de la formation des femmes aux métiers agricoles est donc primordial non seulement pour leur autonomisation et l’amélioration de leur travail quotidien, mais aussi pour le développement de l’économie locale et de la résilience alimentaire.

L’intérêt des jeunes filles pour le Girl’s Club s’est rapidement fait sentir : alors qu’elles représentaient en moyenne 11% des effectifs de l’ensemble des centres de formations agricoles du réseau pendant l’année scolaire 2018-2019, les filles comptaient pour 40% des effectifs de l’IFER d’Afféry au cours de la même période ! L’IECD et son partenaire local, la PEFACI, espèrent ainsi améliorer le quotidien des jeunes filles et susciter de nouvelles vocations !

Juliette Bamouni, formatrice du Girl’s Club à l’IFER d’Afféry

Juliette Bamouni, formatrice du Girl’s Club à l’IFER d’Afféry

“Intégrer l’IFER, c’est la possibilité de travailler dans un domaine que j’ai toujours aimé, c’est-à-dire le social ! Apporter quelque chose à son prochain… parce que les jeunes qui sont à l’IFER, on les voit sortir 3 ans après et s’installer à leur propre compte. Vraiment, ça fait chaud au cœur. On est fier de soi et fier de ces jeunes !”

Quelle est l’origine de la Journée internationale des femmes ?

La Journée internationale des femmes a été officialisée en 1977 par les Nations unies, suite à la proclamation de l’Année internationale de la femme (1975) par l’Assemblée générale de l’ONU.

L’édition 2020 de la Journée internationale des femmes, célébrée le 8 mars, a pour thème « Je suis de la Génération Égalité : levez-vous pour les droits des femmes ». Ce thème coïncide avec la nouvelle campagne plurigénérationnelle d’ONU Femmes, Génération Égalité, qui marque le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing. Adopté en 1995 lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes tenue à Beijing, en Chine, le Programme d’action de Beijing est considéré comme la feuille de route la plus progressiste en matière d’autonomisation des femmes et des filles partout dans le monde.

En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. Un recul des avancées féministes durement acquises est par ailleurs à craindre.

L’année 2020 constitue l’occasion inespérée de susciter une action d’envergure mondiale pour parvenir à l’égalité des sexes et au respect des droits fondamentaux pour toutes les femmes et les filles.

PS : Notons qu’en France, nous parlons de la Journée internationale des droits des femmes.

Extrait de : https://www.un.org/fr/observances/womens-day