À Argenteuil, un nouveau lieu pour révéler les talents des jeunes : « L’excellence pour chacun à portée de main »

Reynhald Le Baron, artisan ébéniste-marqueteur accompagnant un jeune de la Mission locale dans la réalisation d’un damier.
En France, plus de 75 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme. Dès leur plus jeune âge, certains peinent à s’accrocher à l’école, tandis qu’un grand nombre d’adolescents et de jeunes adultes rencontrent des difficultés à trouver leur place et à construire leur avenir (Apprentis d’Auteuil).
À Argenteuil, un projet collectif pour redonner confiance aux jeunes
À Argenteuil, où 41 % de la population est âgée de moins de 30 ans, ces enjeux prennent une dimension particulière (INSEE).
Depuis plus de 2 ans, l’IECD, en collaboration avec ses partenaires, en particulier la Mairie d’Argenteuil, DYS CARE et L’Outil en Main, a choisi de relever le défi : redonner confiance aux jeunes en leurs talents et leurs compétences, pour aller vers une orientation choisie, une insertion sociale et professionnelle durable.
Ce travail a abouti, le 23 mars 2026, au lancement d’un premier parcours d’accompagnement, destiné aux jeunes de la Mission locale Argenteuil Bezons, et organisé avec l’association TADAM et trois professionnels artisans.
Apprendre autrement pour révéler les talents
Pendant 5 jours, les jeunes ont vécu une expérience immersive mêlant des temps de pratiques : métiers artisanaux, exploration de soi et réflexion sur son avenir professionnel. Comme en témoigne une participante : « J’ai été surprise d’être à l’aise, qu’il y ait autant de jeux et d’échange entre nous. Je ne m’attendais pas à ça ».
En expérimentant, en manipulant les outils et la matière, en discutant avec des professionnels, les jeunes apprennent autrement, développent leur attention, leur concentration et leur persévérance, et prennent conscience de leurs capacités afin de gagner en autonomie. Cette approche est particulièrement appréciée des jeunes : « J’ai aimé parce que ce n’était pas du tout scolaire et j’ai appris beaucoup de choses de manière ludique ». Elle permet également de renforcer la confiance en soi — « J’ai réussi à parler devant des gens alors que je suis timide » — et d’éveiller des vocations, comme le souligne ce témoignage : « J’ai aimé découvrir l’univers du bois et les anecdotes de l’artisan sur son travail ».
Après une première expérimentation autour des métiers de l’artisanat, le programme a vocation à poursuivre dans cette voie tout en s’ouvrant à d’autres secteurs : bâtiment, industrie, alimentation et restauration.
Un dispositif inclusif tourné vers l’avenir
Cette approche, basée sur la recherche de la confiance en soi et la pratique du geste, permet de redonner de la valeur à des formations et des filières parfois méconnues mais riches en sens et en opportunités. Le projet s’adresse à un large public : jeunes de 9 à 25 ans en difficulté scolaire ou en recherche d’orientation, jeunes en décrochage, mais aussi jeunes porteurs de troubles de dysfonctionnement (DYS) ou de troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Les familles et les éducateurs sont également pleinement associés, afin de renforcer l’accompagnement autour des jeunes.
Avec l’ambition d’accompagner près de 250 jeunes dès la première année, l’IECD entend faire émerger un modèle innovant, au croisement de l’éducation, du social et de l’insertion. Un projet ancré dans son territoire, et pensé pour inspirer bien au-delà : redonner à chaque jeune la possibilité de trouver sa place, en révélant ses talents par l’action.

Anais Mazel, taille-doucière, accompagne les jeunes pour le passage de la gravure à l’encrage.
Légende de la photo de couverture : Mounir, référent à la Mission Locale, Dinah Delpiano, révélatrice de talents TADAM et jeunes présentant leur gravure.

