One Health Summit : repenser la santé à l’échelle du vivant

Face à l’accélération des crises sanitaires, environnementales et alimentaires, l’approche One Health s’impose comme une réponse incontournable. Réunis à Lyon les 6 et 7 avril, les acteurs publics et privés ont réaffirmé l’urgence d’une action coordonnée, fondée sur la prévention, la coopération internationale et le décloisonnement des expertises.
Une santé globale, par nature interconnectée
La santé humaine ne peut être pensée indépendamment de celle des animaux et des écosystèmes. Aujourd’hui, environ 60 % des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale et 75 % des maladies humaines émergentes proviennent des animaux. Chaque année, environ 5 nouvelles maladies apparaissent, dont 3 sont d’origine animale (Ebola, Covid-19). Dans un monde où 811 millions de personnes se couchent le ventre vide et où plus de 20 % des pertes dans la production animale mondiale sont liées aux maladies, l’approche One Health vise à anticiper et prévenir les crises en favorisant la collaboration entre disciplines – médecine, santé animale, agronomie, écologie – et entre territoires.
Du dialogue à l’action : transformer les systèmes
Le One Health Summit a mis en avant plusieurs leviers pour faire évoluer durablement les systèmes de santé : renforcer la coopération internationale, repenser les cadres institutionnels, mobiliser les acteurs publics et privés et développer des dispositifs de surveillance plus performants. Depuis 2003, plus de 15 millions de décès et 4 000 milliards USD de pertes économiques ont été enregistrés à cause de maladies et de pandémies. L’enjeu est clair : passer d’une logique réactive à une logique préventive, en s’appuyant sur la science, l’innovation et une coordination accrue entre les différents niveaux d’intervention.
L’IECD : former pour prévenir et agir localement
Si le One Health Summit a mis en lumière la nécessité d’une réponse globale et coordonnée, celle-ci ne peut se construire sans des professionnels de santé formés à penser et agir de manière intégrée. À travers ses programmes de formation, initiale et continue, des professionnels de santé, l’IECD oeuvre à la construction de systèmes de santé plus résilients, en plaçant la prévention, la proximité communautaire et l’approche globale du patient au coeur de ses référentiels de compétences. Former un professionnel de santé apte à détecter précocement une zoonose dans son territoire, à sensibiliser les communautés aux risques liés aux interactions entre l’humain, l’animal et l’environnement, et à orienter efficacement vers les dispositifs de surveillance existants, c’est traduire concrètement, au niveau local, les ambitions portées par le sommet de Lyon. En ce sens, renforcer les capacités des personnels de santé de proximité n’est pas seulement un enjeu de développement, c’est un maillon essentiel de la sécurité sanitaire mondiale.

